Quel est le rôle de l’abeille dans la biodiversité ?

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« Tout le monde aime les abeilles. Même ceux qui se font piquer »
Didier Van Cauwelaert

C’était il y a cent quarante millions d’années au crétacé que l’abeille est apparue sur Terre. En même temps que les fleurs. Sans les fleurs, les abeilles n’auraient pu se nourrir. Et, sans les abeilles, la plupart des fleurs n’auraient su comment se reproduire.
→ L’abeille est un maillon essentiel à la biodiversité. C’est la reine de la pollinisation*, la clé de voûte de la flore, notre plus grande alliée.
L’activité pollinisatrice des abeilles est remarquable, au sens propre du terme, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

*: c’est à dire la fécondation indispensable à la reproduction sexuée des plantes à fleurs et qui correspond au transport des grains de pollen des organes mâles vers les organes femelles

Sur le plan quantitatif, les abeilles peuvent transporter des dizaines de milliers de grains de pollen sur leur corps et en déposent de grandes quantités sur les stigmates des fleurs qu’elles visitent.
Une abeille butinerait plus de 8 millions de fleurs pour fabriquer un pot de miel de 500 grammes.
Selon l’INRA, les abeilles sont responsables de la pollinisation de 80% des espèces de plantes à fleurs. En France, selon une récente étude de l’INRA et l’ITSAP, la valeur monétaire de la pollinisation des abeilles pour l’agriculture atteint 2,8 milliards d’euros, principalement dans les cultures arboricoles, les jardins et les potagers.

Sur le plan qualitatif, une abeille, en allant butiner de fleurs en fleurs, transporte du pollen et participe à la reproduction d’espèces végétales à travers le temps.
Elle permet la fécondation croisée et l’explosion de nouvelles variétés dans des environnements où le vent n’est pas un facteur pollinisateur actif.
Elle participe à la sauvegarde de plantes rares ou sauvages.
Elle favorise une production optimale de fruits, de légumes ou de graines et son action positive a ainsi des retombées bénéfiques sur la faune qui s’en nourrit.

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Son efficacité est incontestée :

ainsi prenons l’exemple des orchidées, celles-ci sont exclusivement pollinisées par l’abeille.
Plus d’abeille et une espèce végétale qui disparaît de la surface de la Terre.

Il est aussi difficile d’imaginer un seul repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près par leur activité pollinisatrice: 40% de notre alimentation dépend de l’abeille

Pour un champ d’oignons cultivés pour les graines, la pollinisation par les abeilles est responsable de 65 à 75% de la production des semences.

Pour la culture de fraises, la pollinisation par les abeilles est responsable de 85 à 90% de la production; sans abeilles, les fraises sont non commercialisables, déformées et sans saveur.

Les grandes cultures ( colza, tournesol, sarrasin….) ont un grand pouvoir mellifère.
Sans pollinisation, plus de potirons, plus de courgettes, plus de melon, plus de carottes…

MOINS D'ABEILLES VOUDRAIT DONC DIRE MOINS DE FRUITS ET DE LEGUMES

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→ A côté de son rôle de pollinisatrice, l’abeille produit du miel dans la ruche qui est une fantastique pharmacie naturelle.
Le miel a des vertus connues depuis la naissance de l’Humanité. Il possède des qualités antiseptiques, anti-inflammatoires et cicatrisantes. Il est utilisé pour les maux de gorge ou de ventre, pour soigner des blessures.
Le venin des abeilles est aussi utile pour son action sur un certain nombre de pathologies inflammatoires telles que les rhumatismes, l’arthrose ou les arthrites…
Les autres produits de la ruche sont extrêmement utiles : le pollen qui est un stimulant des défenses immunitaires, la propolis, antibiotique naturel qui est efficace dans le soin d’angines, sinusites ou otites, la gelée royale qui est un revitalisant incontestable, la cire qui entre dans la composition de bougies, certes, mais aussi de cosmétiques comme les rouges à lèvres.

« Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre »
Albert Einstein

Il est aujourd’hui incontestable qu’un processus de disparition de l’abeille est en marche; étant, à elles seules, responsables de plus de 80% de la pollinisation des plantes à fleurs, la disparition des abeilles serait un véritable coup dur pour l’environnement et pour l’agriculture.

Taux de mortalité des colonies d’abeilles inspectées en Europe

Taux de mortalité hiver 2012-2013Taux de mortalité printemps-été 2013
Belgique
Danemark
Allemagne
Estonie
Finlande
France
Grèce
Hongrie
Italie
Lettonie
Lituanie
Pologne
Portugal
Slovaquie
Espagne
Suède
Grande-Bretagne
33,6 %
20,2 %
13,6 %
23,4 %
23,3 %
14,1 %
6,6 %
8,8 %
5,3 %
15,3 %
3,5 %
14,8 %
14,8 %
6,1 %
9,5 %
28,7 %
28,8 %
Belgique
Danemark
Allemagne
Estonie
Finlande
France
Grèce
Hongrie
Italie
Lettonie
Lituanie
Pologne
Portugal
Slovaquie
Espagne
Suède
Grande-Bretagne
8,9 %
2,9 %
3,8 %
4 %
6,5 %
13,6 %
2,5 %
1,9 %
2,3 %
0,4 %
0,3 %
1,2 %
3,5 %
0,7 %
6,8 %
2,4 %
9,7 %

Notons que la France détient le triste record de mortalité pour l’été et c’est aussi le premier pays qui consomme le plus de pesticides. De plus les maladies n’expliquent pas ce triste palmarès. En effet, en France, les maladies recensées lors de la visite estivale des ruches sont à un niveau très bas : 1,5% pour la loque américaine, 1,2% pour le varroa et moins de 1% pour la noséma.